Année 2002, bi-centenaire de Victor HUGO (03.03.02)
"Lève toi, pauvre humanité !" . (29.09.03)
1940-44 : Collaboration économique et résistance dans les entreprises. (12.05.03)
La Mort du Feu, souvenirs d’un verrier... (25.04.03)
DU JAZZ - et censure - POUR UNE AFFICHE (09.01.03)
DU JAZZ POUR LE CONSEIL RÉGIONAL ! (09.01.03)
CEUX QUI VIVENT... (09.01.03)
Givors : un musée de la Résistance transformé (22.04.02)
LE PATRIMOINE DE CONDRIEU (10.04.02)
LE PILAT, y avez-vous pensé pour vos loisirs ? (21.12)
C’est à voir...
Re-naissance du Pays Viennois
Aux côté des vignerons de la Côte-rôtie, les Américains s’engagent.
Le syndicat de l’Aqueduc Romain-du-Gier voit le jour
Un empire bâti par dix générations de Givordins
Le travail des enfants dans les verreries de Givors au XIX e siècle

Année 2002, bi-centenaire de Victor HUGO

LA CENSURE

"Le droit de tout citoyen est sacré pour tout ministre, une fois les conditions d’ordre et de sûreté générale remplies, le théâtre doit être respecté comme une des voix avec lesquelles parle la pensée publique et qu’enfin, que ce soit la presse, la tribune ou le théâtre, aucun des soupiraux par où s’échappe la liberté de l’intelligence ne peut être fermé sans péril."

Victor HUGO

Discours devant le tribunal de commerce pour contraindre le Théâtre Français à représenter ‘Le roi s’amuse’, 19 décembre 1832.

Le vieux briseur de fers.

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"Lève toi, pauvre humanité !"

Les Voraces sont-ils de retour à Givors ? En tout cas le chant des révolutionnaires de 1848 résonne à nouveau dans la ville depuis que Camille VALLIN, son ancien maire, a publié son dernier ouvrage qui porte en titre ce vers célèbre. En ouverture une gravure d’époque reprenant le texte intégral du chant.

On se doute que "Camille" n’a pas pris la plume uniquement pour un rappel historique de ces belles pages du mouvement ouvrier lyonnais et givordin. C’est pour parler de ses souvenirs d’enfance dans sa ville, bien sûr, mais aussi et surtout des mutations de celle-ci durant ce siècle. La guerre de 40, la résistance, les bombardements et la reconstruction ; la lutte des classes dans ce bassin industriel du verre et de l’acier, "le capitalisme financier tueur d’entreprises et d’emplois" ; la lutte contre les inondations, "comme Moïse, Givors sauvée des eaux !" ; l’école, la culture, la santé... Un combat d’hommes, pour une meilleure humanité !

Reprenant les vers d’Aragon, Camille Vallin ouvre son ouvrage par une profession de modestie que chacun lui reconnaît : "La vérité ne m’a pas été révélée à mon baptême. Ce que j’ai appris m’a coûté cher, ce que je sais, je l’ai acquis à mes dépens. Je n’ai pas une seule certitude qui ne me soit venue autrement que par le doute, l’angoisse, la douleur de l’expérience..."

Un livre à se procurer d’urgence. Camille Vallin, "Lève-toi, pauvre humanité !", Edition "Le Temps des Cerises", sept. 03.

(rhonesudinfo.free.fr -25.09.03)

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1940-44 : Collaboration économique et résistance dans les entreprises.

L’Institut C.G.T. d’histoire sociale de Rhône-Alpes avait organisé, en novembre 2001, un colloque sur "Les grandes entreprises de la Région Rhône-Alpes dans la deuxième guerre mondiale" et particulièrement examiné la collaboration économique et la résistance dans les grandes entreprises. Les actes du colloque viennent d’être publiés et son mis à la disposition du public 62 rue Chaponnay 69003 LYON, tel 04.78.95.31.37.

Le sacrifice des intérêts nationaux, des intérêts des salariés, des populations, sur l’autel de l’idéologie du profit maximum, particulièrement exacerbé pendant cette période noire de l’occupation nazie reste pleinement d’actualité. Ce colloque a mis en évidence que dans les pires conditions on peut résister, se rassembler autour de propositions alternatives économiques et sociales de progrès. Dans des conditions différentes, la lutte de classes demeure un élément clé de la libération humaine de l’exploitation capitaliste. "Les mêmes contre les mêmes..."

Georges Séguy présidait ce colloque au cours duquel de nombreux militants syndicaux d’entreprises, engagés sur ce travail de mémoire du mouvement ouvrier, intervinrent. Les historiens Annie Lacroix-Riz et Maurice Moissonnier firent part de leurs recherches et de leurs publications sur ce sujet. La première - auteur d’un ouvrage paru chez Armand Colin "Industriels et banquiers sous l’occupation" - pour une présentation générale de la collaboration, puis pour aborder la réalité des rapports sociaux dans les entreprises au cours de cette période. Le second pour développer l’attitude de deux grands industriels lyonnais : Berliet et Gillet. Pierre Vincent devait de son côté parler d’une autre grande entreprise qui joua un rôle non négligeable à la fois dans la collaboration et dans la résistance, la SNCF, avec ses ambiguïtés. D’autres militants intervinrent pour parler de Schneider, Ugine, la MAS à St Etienne...

Un document de référence à se procurer, pour qui veut ne pas oublier.

(rhonesudinfo.free.fr -12.05.03)

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La Mort du Feu, souvenirs d’un verrier...

Pour vous filles et fils de verriers dont le destin s’est écrit ici.

A toi " joyeux verrier enfant de la folie " tel qu’on le chante, je n’ai pas la prétention de te raconter l’histoire mais profitant de ce que la mémoire est encore vive je me souviens :

Ces bâtisseurs d’empire tout à la fois techniciens et commerçants vont les chercher pour leur jeunesse et leur vigueur, pour leurs enfants qui ont facilité à se dissimuler lors des visites de l’inspection - le travail des enfants de moins de 10 ans est interdit - ils vont les chercher pour approvisionner en main d’œuvre ce qui n’est pas encore une industrie mais n’est déjà plus un atelier artisanal.

La France se relève péniblement du conflit de 1870, le prochain mettra un terme à la prédominance européenne, l’Amérique passera en tête du peloton et saura le rester en accordant aux innovateurs et découvreurs de généreux subsides, une reconnaissance et un statut au sein de la société.

Ils arrivent donc principalement d’Italie, les espagnols viendront plus tard et en nombre après la chute de la République mis à mal par le gouvernement franquiste, les familles sont nombreuses et nos patrons n’ont aucune peine à les convaincre de s’expatrier, à Givors ils trouvent travail, logement et autres bonnes dames patronnesses qui dispensent généreusement une pièce à la sortie de la messe dominicale et offre le costume aux communiants.

C’est l’époque de l’explosion industrielle, celle ou se forgent les futures fortunes du XXeme siècle.

Le verre soufflé à la bouche laisse bientôt place aux premières bouteilles soufflées à l’air comprimé, les cadences vont s’accélérant, le bouleversement technologique fait doucement le lit de la machine, l’homme va en devenir son serviteur attentif.

D’autres sont venus de la Creuse un département rude ou les familles ne peuvent plus accueillir ces hommes différents, devenus différents par les expériences qu’ils viennent de subir.

Ils sont maçons et appréciés comme tels dans tout le pays, la taille de la pierre n’a aucun secret pour eux ; ils sont d’habiles bâtisseurs possèdent cette vertu qui permet d’évoluer à plusieurs dizaines de mètres du sol tout en édifiant églises, monuments, bâtisses et usines

. Leur jeunesse ils l’ont passée au creux de vallées humides ou la neige ne laisse apercevoir les prés que fin avril et puis en 1870 il y a eu l’appel du clairon " les casques à pointes " ont franchi le Rhin. Ils ont combattu durement. Les plus chanceux, ceux revenus indemnes ont des médailles qu’ils conservent pieusement en témoignage et trois générations plus tard elles sont toujours avec d’autres objets au sein de la famille ; seulement voilà ils ont vu qu’ailleurs la vie sans être facile est plus douce, le climat moins rude la circulation des hommes plus aisée et puis surtout il y a cette fille rencontrée qui sait, à la sortie de la messe, chez l’épicier ou dans la diligence.

Le retour au pays ils y ont pensés mais la cage est désormais trop petite et atout non négligeable la paie distribuée chaque fin de semaine, le travail assuré, en un mot l’avenir plus serein.

Et puis il y a la famille à construire avec cette charmante fiancée qui ne veut à aucun prix quitter sa ville natale fait qu’ils resteront à Givors et y bâtiront les fours ainsi que les bâtiments ouvriers qui abriteront ces gamins venus d’ailleurs.

L’un d’eux, mon arrière grand-père Jean Hyppolite DEBEIX sera décoré le 4 août 1903 pour plus de 30 ans de bon et loyaux services en la " Maison Neuvesel et Compagnie " et verra donc son nom inscrit au Grand Livre D’Or comme contremaître maçon.

Cent ans plus tard, l’industrie et surtout l’industriel ont prospéré, l’entreprise familiale a accouché d’un groupe qui le situe aux premières places mondiales, l’héritier après des études dans les meilleures écoles et une ascension rapide au sommet de la société, soutenu par les banques, décide de recentrer l’activité. On vend donc la maison fondatrice les acheteurs n’ont alors aucun scrupule à réorganiser les usines

. L’une d’elle subira la loi du marché libéral 350 hommes et femmes de l’usine en feront les frais et l’on estime le même nombre d’emplois induit ainsi supprimés soit environ 600 à 700 personnes de l’agglomération qui se retrouvent privées d’emploi.

Certains, les plus âgés partiront avec un pécule leur permettant d’attendre l’âge de la retraite ; les autres les plus nombreux retrouveront ou pas un travail avec toutes les tensions que cette situation engendre, éclatement des familles, éloignement des amis, désorganisation des études des enfants etc.

Comble d’ironie, ce devait être en 2003 que je devais recevoir la médaille du travail pour 35 ans d’activité chez ce qui est devenu verrerie Souchon puis BSN, VMC, BSN GlassPack. Juste 100 ans après celle de cet arrière-grand-père issu d’une famille dont je n’ai pu retrouver la trace parce qu’en 1944 une certaine division allemande en retraite, semblable à celle qui a commis l’insupportable à Oradour, a brûlée l’école et la mairie de ce petit village de la Creuse et par là-même faire disparaître toute trace d’état civil.

Cette même usine qui m’a si généreusement accueilli en 1962 et 1963 pendant les vacances scolaires où j’étais à mille lieux d’imaginer y faire ma carrière a substitué à cette médaille une missive recommandée qui mettra fin à deux siècles et demi d’activité industrielle.

Les verriers souvent employés dans l’entreprise depuis plusieurs générations ont le sens du travail bien fait. Ils n’hésitent pas à sacrifier leur repos pour que l‘activité ne s’interrompe pas, quelques centaines de tonne de verre en fusion ne supportent pas l’a peu près, mais s’agissant de professionnels ils ont à cœur d’être reconnus et rétribués à leur juste valeur. Les luttes syndicales seront très dures, les avantages obtenus substantiels et les salaires ont un niveau correct au vu de ceux pratiqués dans la région.

Fin juillet 2002 donc, la cheminée située au plus près de la gare de Givors-Ville celle du Four 7 (on ne donnait jamais le même numéro à un four) a cessé de fumer définitivement.

Mi-janvier 2003 ce fut le tour du Four 8, celle que tous les habitants de la région aperçoivent du haut des collines ou depuis l’autoroute en direction de saint Etienne. Cette cheminée si particulière possède un gros renflement à mi-hauteur qui est un château d’eau alimentant encore aujourd’hui l’usine en eau industrielle pompée quelques 20 mètres plus bas.

L’un de nous eut la rude tâche d’arrêter la chauffe. Grâce à la vidéo qui permet en permanence de surveiller l’intérieur du four chauffé au fuel lourd pulvérisé au gaz naturel à 1600°C, (le temps de la chauffe à la tourbe naturel puis au charbon extrait sur la colline de Montrond est bien lointain), il vit doucement la flamme se réduire puis disparaître à jamais. Le feu qui brûlait depuis 250 ans dans cette vallée est mort. Le verrier ressentit, je le sais, la même douleur que celle connue lorsque l’on perd un être cher. Ce n’est pas dans notre culture de verrier de voir mourir un four sans que son successeur soit programmé.

En d’autres temps l’extinction de la flamme est vécue comme une grande et joyeuse fête avec de copieux arrosages à la lance à incendie de tous les participants, un casse-croûte et ce qui permet de le faire descendre est généreusement distribué.

La coulée du verre est le signal d’un début d’activité intense pour que renaisse un nouveau four, les entreprises extérieures sont déjà présentes et la cour encombrée d’éléments métalliques et de pièces réfractaires utilisé pour la reconstruction.

Signe fort cette fois, le personnel de l’usine n’a pas ou peu participé aux cérémonies funèbres. La coulée du verre fut assurée par des intervenants extérieurs, une première à Givors ou on laisse peu de place à cette procédure et où de tout temps la maîtrise des travaux s’est faite en interne.

La coulée terminée un silence pesant s’est installé sur le site en attendant les démolisseurs.

Les Givordins de ma génération auront vécu la mutation européenne. Avec la déstructuration de leur cadre de vie et cette saignée hideuse qu’est l’autoroute A47 en lieu et place de ce qu’était autrefois le canal Givors à Rive de Gier, le bassin et les écluses ou bon nombre d’entre nous ont appris à nager, ils ont vu tour à tour disparaître les briqueteries qui fournissaient en matériaux réfractaires notre usine ; la Compagnie de Fives Lille avec son cortège d’apprentis et de techniciens qui iront dans le monde entier porter le savoir faire Givordin ils n’est qu’a voir les sucreries, les cimenteries et aujourd’hui encore la technologie Fives-Lille.

Sans oublier les hauts fourneaux Prénat écologistes avant l’heure qui ont permis à notre commune l’usage du gaz domestique avant l’arrivée de celui, naturel extrait à Lacq et dont une des pièces de fonderie de référence se visite aujourd’hui en la statue monumentale du Puy-en-Velay fondue à Givors en 1859.

J’ai cité les principaux ceux dont les bâtiments et structures permettaient de les repérer de loin, mais combien d’autre petits ateliers ont disparus, je pense notamment aux Tissages Givordins dont la mort a fait peu de bruit et qui viennent de fermer leur portes laissant une petite centaine d’ouvriers sans emploi.

La fin d’activité de la Verrerie sonne la disparition de l’industrie lourde dans notre canton, voulue par des "décideurs" comme on nomme ceux dont je doute fort des compétences à construire demain ailleurs ce qu’ils détruisent aujourd’hui chez nous. Ce ne sont plus ces industriels viscéralement attachés à leur usine, fiers des produits et de l’expansion donnée à leur entreprise, ne les nommait-on pas d’ailleurs Maître de Forge ou de Verrerie.

Ils ne sont plus verriers, métallos ou fondeurs. Le métier est secondaire le leur c’est la finance pas l’industrie.

En cet d’hiver le froid a pénètré rapidement dans des halls désertés ou l’activité des démolisseurs remplace le vacarme assourdissant des machines de production ou le rayonnement des pots brûlant sortant des moules assurait, même au plus froid de l’hiver, une confortable température ambiante.

Aujourd’hui le cœur n’y est plus et l’on voit des cohortes de messieurs bien mis arpenter notre usine se partageant déjà le cadavre avant que la bête ne meure.

Que restera t il dans un an de ce qui fut un des fleurons de l’industrie verrière, elle aura suivit de peu ce grand capitaine d’industrie disparu il y a peu. Une friche industrielle ou enseignes commerciales volatiles succéderont aux enseignes.

Et alors la grande cheminée des bords du Gier aura froid attendant la morsure cruelle des engins de démolition j’essayerai d’être loin.

Je m’étais promis de l’écrire c’est fait.

Jo CROSEILLE, verrier.

(rhonesudinfo.free.fr -15.01.03)

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DU JAZZ - et censure - POUR UNE AFFICHE

Une majorité du Conseil régional Rhône-Alpes (78 pour, 76 contre et deux abstentions) s’est retrouvée sur les positions du MNR de Mégret et du Front National de Le Pen pour censurer l’affiche du festival de Jazz à Vienne. Elle sucre 61.000 euros de subventions si l’affiche n’est pas retirée. Cette somme est pourtant indispensable à l’activité culturelle du festival dans la mesure où elle participe au financement de nombreux spectacles de qualité. Une vierge noire serrant contre son sein un diablotin ne serait pas du goût de l’ordre moral de retour. C’est bien connu, la musique nègre est une musique diabolique à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Vade rétro satanas !

Nous mettons à la disposition des internautes connectés ici l’affiche maudite. Vous pouvez la télécharger et l’offrir à vos amis.

(rhonesudinfo.free.fr - 15.12.02)

TELECHARGEMENT
L'affiche en téléchargement (264 k)
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DU JAZZ POUR LE CONSEIL RÉGIONAL !

Devant la montée des protestations, de gauche et même de droite, la majorité du Conseil régional vient de décider de revenir sur sa décision de censurer l’affiche du festival, en rétablissant la subvention supprimée. Comme quoi on n’est pas encore mûrs pour le retour à l’époque de l’Inquisition ou de l’ordre moral pétainiste.

(rhonesudinfo.free.fr - 19.12.02)

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CEUX QUI VIVENT...

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont

Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front,

Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime,

Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime,

Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,

Ou quelque saint labeur, ou quelque grand amour.

C’est le prophète saint prosterné devant l’arche,

C’est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche,

Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins.

Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.

Car de son vague ennui le néant les enivre,

Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.

Inutiles, épars, ils traînent ici-bas

Le sombre accablement d’être en ne pensant pas.

Ils s’appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule.

Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule,

Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non,

N’a jamais de figure, n’a jamais de nom ;

Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère,

Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère,

Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus,

Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus.

Ils sont les passants froids, sans but, sans nœud, sans âge ;

Le bas du genre humain qui s’écroule en nuage ;

Ceux qu’on ne connaît pas, ceux qu’on ne compte pas,

Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.

L’ombre obscure autour d’eux se prolonge et recule ;

Ils n’ont du plein midi qu’un lointain crépuscule,

Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit,

Ils errent près du bord sinistre de la nuit.

 

Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière

Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière !

Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l’on va !

Rire de Jupiter sans croire à Jéhova !

Regarder sans respect l’astre, la fleur, la femme !

Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l’âme !

Pour de vains résultats faire de vains efforts !

N’attendre rien d’en haut ! ciel ! oublier les morts !

Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,

Fiers, puissants, ou cachés dans d’immondes repaires,

Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ;

Et j’aimerais mieux être, ô fourmis des cités,

Tourbe, foule, hommes faux, cœurs morts, races déchues,

Un arbre dans les bois qu’une âme en vos cohues !

Les Châtiments, Paris, le 31 décembre 1848, minuit.

(rhonesudinfo.free.fr - 19.12.02)

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Givors : un musée de la Résistance transformé

Depuis plusieurs mois, le musée de la Résistance de Givors qui était fermé depuis plusieurs mois pour cause de travaux vient de rouvrir ses portes. Ce lieu de mémoire, repère d’Histoire, accueille à nouveau le public. Le cinquantième anniversaire de la Libération marqua la naissance de ce lieu de mémoire que les anciens résistants locaux appelaient de leurs vœux. La municipalité de Givors mit à leur disposition cette maison que les bénévoles allaient rapidement aménager. Pas moins d’un millier d’heures de travail ont été nécessaires.

En cette période troublée, où les vieux démons extrémistes tentent de refaire surface, les anciens résistants sont de plus en plus appelés à témoigner dans les écoles, les collèges, les lycées, voire même au Centre d’histoire de l’avenue Berthelot à Lyon. La réouverture du musée est l’occasion pour mettre à la disposition du public un centre de documentation important : fond de livres et documents, avec par exemple le livre des messages envoyés depuis Londres. Une exposition temporaire, ajoutée à l’exposition permanente, viendra souvent étoffer des conférences animées par des historiens. Le musée de la Résistance de Givors constitue l’un des sites du Musée National de la Résistance. A ce titre, et compte tenu de l’histoire locale, il lui a été confié le développement du thème : "Les chemins de fer dans la Résistance."

Des projets aussi, notamment un travail commun est prévu en 2003 avec des professeurs américains qui viendront puiser dans la mémoire des résistants givordins sur une période dont on ignore presque tout dans le Nouveau monde.

Le musée est ouvert, place de la Liberté, tous les premiers samedis du mois de 14 h 30 à 18 heures, ainsi que sur rendez-vous en téléphonant au 04.78.73.03.92. Entrée : 2 euros pour les adultes et gratuite pour les enfants et les scolaires.

(rhonesudinfo.free.fr - 08.04.02)

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LE PATRIMOINE DE CONDRIEU

Lors de la dernière réunion de son conseil municipal, Condrieu a décidé de rejoindre Vienne, Saint Romain en Gal, Sainte Colombe lès Vienne, Saint Cyr sur Rhône, Ampuis et Tupin-Semons dans leurs démarches auprès du ministère de la culture pour obtenir leur inscription dans la présélection au classement mondial de l’Unesco.

Condrieu à juste titre, fait valoir ses lettres de noblesse, si l’on peut dire... Pour surveiller le Rhône, en amont et en aval, le château de Condrieu a été construit il y a plus d’un millénaire sur le plus haut promontoire de la région. Il fut l’une des places fortes de la vallée du Rhône. Tours et remparts pour protéger la ville ont été construits au cours des siècles moyenâgeux. Le grenier à sel et sa complémentaire Maison de la Gabelle, avec sa façade du XVIe, l’église et le tympan de son portail avec un fragment de bas-relief roman, la maison des Villars, accompagnent les vestiges d’une activité marinière connue depuis l’antiquité et que l’on retrouve dans le quartier du port.

Le calvaire, placé au nord de la ville, la domine au terme d’une route en lacets serpentant à travers les vignobles. Ce pèlerinage rappelle au visiteur que nous sommes au cœur de blancs réputés, de la Côte Rôtie, déjà appréciés par les Grecs.

(rhonesudinfo.free.fr - 31.03.02)

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LE PILAT, y avez-vous pensé pour vos loisirs ?

A la confluence du Rhône et du Gier avec Condrieu la cité des marinier, le Pilat rhodannien et ses vergers en balcon, son versant méridional au relief accidenté, la vallée de la Déôme pays d’élevage, le haut plateau à plus de 1000 m. et ses prairies d’élevage, le Jarez... Été comme hiver à deux pas de nos cités.

D’une superficie de 700 km², sur deux départements le Rhône et la Loire, le Parc naturel régional du Pilat compte 47 communes rurales, 16 villes portes, 50.000 habitants. Nous sommes deux millions de citadins à vol d’oiseau : St Etienne, St Chamond, Rive de Gier, Givors, l’agglomération lyonnaise, Vienne et la vallée du Rhône. Connaissez-vous ?

Faites connaissance, Maison du Parc : parc.pilat@wanadoo.fr

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C’est à voir...

Notre région est belle, beaucoup de vestiges du passé et de hameaux tranquilles enchanteront vos ballades.


- CHASSAGNY : le Château, le Fief de la Vaure, l'église et le Pont du Mornantet.
- CHAUSSAN : l'église, l'eau miraculeuse, la grotte de la Vierge, la chapelle.
- MORNANT : la Tour du Vingtain,
- ORLIENAS : le bourg médiéval, la Vierge noire, l'église et la fontaine thermale...
- RIVERIE : Le chemin de ronde, le tilleul de Sully, l'église, l'auberge rurale, et le très beau point de vue panoramique.
- RONTALON : le vieux château, l'église, la chapelle St Roch, l'ancien manoir de la roche, le sentier botanique.
- SAINT-ANDEOL-LE-CHATEAU : le Bourg ancien, la "Tour", l'église et la croix de Saint- Jacques-de-Compostelle. .
- SAINT-ANDRE-LA-COTE : l'église, la croix historique le signal, point culminant de Saint André.
- SAINTE-CATHERINE : la fresque du partage des eaux de Digonnet, l'église, la grotte de la Madone, la Chapelle Saint Père Néel.
- SAINT-DIDIER-SOUS-RIVERIE : le Pont de la Boutonne, l'église et sa cloche classée monument historique.
- SAINT-JEAN-DE-TOULAS : l'église, le Château de la Mouchonniére, Château d'Ecossieu, les mosaïques, le Musée des vieux outils du presbytère.
- SAINT-LAURENT-D’AGNY : le lavoir et la fontaine de 1810, le château de Souvigny, la croix de l'Orme, le Clos Bourbon, le vieux puits, la chapelle Saint-Vincent.
- SAINT-MAURICE-SUR-DARGOIRE : le chêne séculaire, l'aqueduc du Gier (pont des Granges), Le Centre Germaine-Revel, le parc et château du Peu, le jardin expérimental des enfants.
- SAINT-SORLIN : L'église, le sanctuaire, le puits de la "Christinière".
- SOUCIEU-EN-JARREST : l'église, la petite gare, l'aqueduc du Gier : " le chameau " et " la gerle ".
- TALUYERS : l'église, le chemin des croix, le prieuré, le cuvier, le Vieux Bourg. (Sources Syndicat d’initiative du Pays Mornantais, Tour de Vingtain, Mornant)
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Re-naissance du Pays Viennois

Les idées des vignerons de la Côte-Rôtie gagnent du terrain. Obtenir la protection du patrimoine historique que constitue le pays Viennois par son classement dans le patrimoine mondial de l’UNESCO enthousiasme de plus en plus de personnalités.

Les maires des communes d’Ampuis, Vienne, Saint-Romain-en-Gal, Sainte-Colombe, Saint Cyr sur le Rhône, Tupin-Semons, le directeur de l’office du tourisme de Vienne, le président de la commission d’aménagement du territoire à la Chambre régionale de commerce, certains membres de l’Institut National des Appellation d’Origine, se sont déjà déclarés favorables au projet apportent leurs concours... C’est d’une re-naissance du Pays Viennois, connu sous l’ancienne juridiction, qu’il s’agit.

Ce projet, s’il devait aboutir, mettrait à mal les perspectives de construction d’une autoroute ravageant le vignoble réputé depuis l’Antiquité. Le précédent du classement au patrimoine par l’UNESCO, en 1999, du terroir de St Emilion, qui avait déjà mis à mal le projet de construction autoroutier dans région viticole réputée, est dans toutes les têtes.

Une première réunion de travail est prévue à la rentrée de septembre.

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Aux côté des vignerons de la Côte-rôtie, les Américains s’engagent.

Face aux projets autoroutiers qui se profilent, les vignerons d’Ampuis, producteurs du célèbre cru de la Côte-Rôtie, envisagent de faire classer le site au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une quinzaine de délégués américains sont venus s’informer et soutenir le syndicat des vignerons du célèbre vignoble. Un sénateur du Mariland et un député sont venus apporter ce soutien. Ils furent interloqués par l’attitude du Conseil Général du Rhône se prononçant favorablement pour le COL (Contournement de l’Ouest Lyonnais) alors que le Conseil Régional adoptait une position prudente et le Préfet de Région adoptait une attitude totalement incompréhensible pour les vignerons. L’oenologue américain Robert Parker avait déjà pris position en 2000 : "Viendrait-il à l’idée du gouvernement de déplacer un château de la Loire pour faire passer une autoroute ? Le terroir de Côte Rôtie, lui, ne peut être déplacé", avait-il déclaré au journal Le Progrès.

L’émotion est partagée quand on sait combien les empereurs Romains appréciaient déjà le divin jus de la treille qui s’écoule de ces pentes granitiques abruptes. C’est l’ancêtre des Côtes-du-Rhône, et le plus septentrional. La Syrah, le plan qui produit ce nectar de très haute lignée, fut implanté sur ces coteaux six siècles avant Jésus-Christ par une colonie grecque venue d’Eolie. Le Viognier y aurait été introduit par l’empereur Probus en 281.

Ce sommet de la culture gastronomique française n’aurait-il plus droit de cité - sur ses terres - face aux rois du pétrole et des rubans d’asphalte ? Certains n’envisagent pas de céder le terrain sans combattre.

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Le syndicat de l’Aqueduc Romain-du-Gier voit le jour

Depuis longtemps on en parlait, de longues études ont été menées pour qu’enfin des élus se mettent autour d’une table et décident de la création d’un syndicat intercommunal. L’aqueduc qui s’étendait sur 80 kilomètres, de sa zone de captage à son déversoir de Lyon, traverse de nombreuses communes du Rhône et de la Loire, a besoin d’entretien, de restauration, de mise en valeur touristique. C’est un patrimoine touristique et archéologique qui mérite assurément d’être mis en valeur.

Certains aqueducs franchissaient des vallées importantes. La techniques des ponts très onéreuse, les Romains - mettant à profit les différence de niveau - construisaient parfois des siphons permettant en outre d’ajuster le débit. Beaunant constitue un bel exemple de siphon. Aujourd’hui, il faut sauvegarder cet important patrimoine.

Exposition et renseignements à la Maison de l’Araire, à Yzeron, vendredi, samedi, dimanche de 14 h à 18 h.

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Un empire bâti par dix générations de Givordins

Depuis l’arrêt du Conseil du roi pris à Marly le 10 mai 1749, portant création de la Verrerie royale de Givors, et accordant privilège pour vingt ans - à Givors et 10 lieues alentour - à Michel Robichon, Me verrier à Miellin (Hte Saône) et Joseph Esnard, marchand verrier du Bief d’Etoz, commune de Charmauvillers (Doubs), dix générations de Givordins ont bâti la fortune des actionnaires de Danone.

A l’époque de Fleury Neuvesel, beau frère d’Eugène Souchon le grand oncle d’Antoine Riboud, en 1884, on ne craignait pas d’engager des enfants de 10 et 11 ans au mépris de la loi de 1874 comme le révèle une lettre du maire de Givors au Préfet. Il confirme l’activité de trafiquants qui achetaient des enfants en Italie, les introduisaient en France, les plaçaient dans les verreries de Givors. En 1908, Eugène Souchon lui-même en introduisant les machines semi-automatiques Boucher avait bouleversé le travail des verriers et utilisait à plein les enfants qu’il faisait cacher dans les tonneaux et sous les machines lors des visites de l’inspecteur du travail.

C’est au prix de la surexploitation de dix générations de Givordins que la fortune des Neuvesel, Souchon, Frachon, Riboud s’est construite. La finance n’a pas ménagé ses apports non plus : le Crédit Lyonnais avec Amédée Frachon, la Lyonnaise de Banque avec Camille Riboud, la Société Lyonnaise de Dépôt avec Jules Riboud étaient au rendez-vous pour en être récompensées.

Le groupe BSN, devenu le groupe DANONE, n’a cessé de se développer à l’international par la multiplication des acquisitions, fusions, restructurations, cessions. C’est la boulimique ronde des opérations financières qui rejette les salariés après en avoir tiré le maximum. La capacité du groupe à la mondialisation est née à Givors par la suraccumulation des profits réalisés sur le travail de dix générations de Givordins.

La méthode Riboud (Antoine) avait soulevé un tollé aux Assises du CNPF à Marseille en 1972. Depuis, il a fait largement école dans les milieux patronaux. Dans sa préface à un ouvrage publié en 1985 par les cadres de BSN et intitulé "Réussir l’investissement productif" il précisait : "faire un investissement, c’est élaborer une nouvelle organisation, mettre en place une nouvelle gestion des hommes." L’objectif assigné aux acquisitions, fusions, restructurations, puis cessions d’unités de production est de faire la chasse aux "gains de productivité latents", de réduire le "coût du travail" et de réaliser une confortable plus value par la revente. Le secteur de l’agro-alimentaire se prêtait particulièrement bien pour réaliser ce type d’opérations. En avril 1987, Jacques Chirac alors premier ministre chargeait Antoine Riboud d’une mission de réflexion sur la maîtrise sociale des nouvelles technologies. Ce qui conduisit à la publication d’un rapport "Modernisation, mode d’emploi", pour faire école.

"Moi, explique Antoine Riboud en 1989, j’ai restructuré le verre plat, j’ai fermé 21 fours à vitre". Au passage, des milliers d’emplois ont été supprimés. Dans la famille on a le sens des affaires, l’habitude de faire des choix, comme dit le fils Franck : "Il est normal d’améliorer la situation financière des gens qui vous confient leur argent. Il ne faut pas avoir peur de le dire", pour cela il a désengagé le groupe du secteur de l’emballage, veut liquider la verrerie de Givors, jeter à la rue des centaines de salariés.

1749 - 10 mai, création de la Verrerie royale de Givors, arrêt du Conseil du roi à Marly, accordant privilège pour 20 ans à Givors et 10 lieues alentour à Michel Robichon, Me verrier à Miellin (Hte Saône) et Joseph Esnard, marchand verrier du Bief d’Etoz, commune de Charmauvillers (Doubs).

1853 - la Compagnie Générale des verreries de la Loire et du Rhône : 37 fours (9 de Givors et 25 de Rive-de-Gier) fusionnent. Là où 100 ans plus tôt n’en existait qu’un.

1864 - Les Nouvelles Verreries de Givors : Achat de la cristallerie May (quartier Freydière) par Jean-Baptiste Neuvesel et Jean-Baptiste Momain (transfuges de la Cie Gle de verreries de Rhône et Loire), aidés par Farge (beau-frère de Neuvesel), commerçant qui apporte les capitaux. En 1869, les N.V.G. couvrent 1.100 m², comptent 3 fours de 8 creusets et 10 places chacun.

1878 - Adoption du four à gaz Siemens après étude de Fleury Neuvesel (fils de Jean-Baptiste) qui permet une économie de plus de 30 % dans la consommation de charbon. Changement de l’organisation du travail, constitution de trois brigades de 8 h. (3x8) qui travaillent en continu.

1900 - Après décès des deux fondateurs, les deux fils continuent. Construction d’un 3e fours à 12 ouvreaux.

1905 - Construction d’une nouvelle usine, le long du Gier, entièrement équipée de machines semi-automatiques Boucher (1ere révolution technologique) et naissance 4e four. Construite et mis en oeuvre par Eugène Souchon marié à Marie Neuvesel, soeur de Fleury.

1907 - Décès Fleury Neuvesel, Eugène Souchon lui succède aux côtés de Momain et la société s’appellera "Souchon-Neuvesel-Momain et Cie".

1908 - Avec la machine Boucher, la production d’un même article en continu devient possible. Développement de nouveaux débouchés pour la verrerie avec le développement de la consommation d’eau minérale. Accord avec Evian en 1910, puis Badoit, Vittel, Vals.

1920 - Mise au point des machines automatiques (2e révolution technologique) dans l’ancienne usine de la Freydière. Après étude de Amédée Frachon (beau-frère de Souchon, associé à l’affaire depuis 1912, directeur du Crédit Lyonnais à Paris) un plan général d’automatisation des usines est engagé. La course à la concentration dans l’industrie verrière est engagée. Deux grands groupes dominent le marché : Souchon-Neuvesel et Saint-Gobain.

1931 - Décès d’Eugène Souchon ; sa femme Marie dirige l’entreprise conjointement avec son beau-frère Amédée Frachon et ses deux neveux Lucien Frachon et Georges Roque.

1936 - Accord entre Saint-Gobain et Souchon-Neuvesel, afin de ne pas "tuer le métier".

1950-1960 - Georges Roque, neveu d’Eugène Souchon et président de Souchon-Neuvesel, restructure le groupe : accord avec Owens-Illinois, 1er producteur mondial de verre creux ; fermeture de quatre usines entre 1958 et 1959 et modification des équipements et méthodes de fabrication conduisent à une augmentation de la productivité du travail de 45 % de 1958 à 1964 ; spécialisation des usines.

1961 - Restructuration juridique et financière, le groupe compte six unités de production de bouteilles, pots, gobelets et flacons.

1965 - Antoine Riboud (petit neveu d’Eugène Souchon) accède à la tête de Souchon-Neuvesel.

1966 - Naissance de B.S.N. par la fusion des Verreries Souchon-Neuvesel (verre creux) et Boussois (verre plat).

fin 1968 - Lancement de l’OPA sur Saint-Gobain en vue de la constitution d’un puissant groupe verrier européen. Mais l’opération échoue. Cependant BSN devient le premier producteur de verre plat en Allemagne. Par ailleurs le groupe se positionne sur l’emballage plastique, concurrent du verre creux.

1970 - Antoine Riboud se tourne vers l’alimentaire - comme son grand oncle Eugène Souchon l’avait fait avec l’eau minérale - il acquière la Société Européenne de Brasserie et Kronenbourg dans la bière, Evian dans l’eau minérale.

1973 - Fusion avec Gervais-Danone. BSN devient le premier groupe alimentaire français et se diversifie vers de nouveaux secteurs.

1973-1979 - Fermeture de 22 fours à vitre en Europe et construction de cinq Float-glass.

1976 - Restructuration de gobeleterie et du flaconnage : fermetures d’usines et suppressions d’emplois, filialisation de la gobeleterie par la création en 1979 des Verreries du Gier, qui seront cédées par la suite.

1979 - Le verre plat restructuré représente 29 % de l’activité de BSN et la part de l’alimentaire, qui se développe, atteint 55 %. Le verre plat étant assuré d’une bonne rentabilité BSN s’en sépare pour concentrer ses moyens financiers dans l’alimentaire, boissons et produits frais.

1980 - Flashglass RFA vendu aux Anglais - 1981, Glaverbel vendu aux Japonais - 1982, Boussois SA vendu aux Américains... un rapport de 180 millions qui permettra des acquisitions internationales dans l’alimentaire : au Niger, au Japon, aux Etats-Unis, en Chine, en Italie, en Espagne. Mais aussi dans l’audiovisuel avec des prise de participations dans Canal +.

1985 - L’activité pots et gobelets fusionne avec les Verreries Mécaniques Champenoises (VMC). BSN apporte ses usines de Givors et Rive-de-Gier.

1987 - Le groupe sera présent sur quatre continents :

- par sa branche produits frais dans dix pays ;

- par sa branche épicerie dans quatre pays ;

- par sa branche biscuits dans huit pays ;

- par sa branche bière dans sept pays ;

- par sa branche champagne et eaux minérales dans trois pays ;

- par sa branche emballage dans trois pays.

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Le travail des enfants dans les verreries de Givors au XIX e siècle

Lettre du Maire de Givors au Préfet du Rhône

sur la situation dans cette localité en 1843

Givors, le 10 décembre 1843

Monsieur le Préfet,

Les fours de verrerie. Ces usines sont de trois sortes ; les fours à bouteilles au nombre de quatre, un four à gobelets et un four à vitres. Dans les trois genres, qui sont tous à feu continu, le travail des enfants est nécessaire. Ces enfants sont âgés de douze ans environ, ils travaillent dix heures environ, soit de jour, soit de nuit, et ce temps est partagé par un repos de deux heures.

Il est à observer que dans la verrerie à vitre, le travail des enfants est de quatorze heures, mais on s'occupe d'une organisation nouvelle qui modifierait singulièrement le travail, et le réduirait à dix heures. On pense que ce nouveau système sera en activité dans le cours de l'année prochaine.

Du reste dans aucune de ces usines, les travaux affectés aux enfants ne sont pénibles, ils sont simplement occupés à un mouvement de va-et-vient peu fatigant. L'exercice tout à fait modéré auquel ils sont soumis, loin de les énerver est plutôt une cause de bonne santé dont ils jouissent en général. Ils ne sont jamais fermés, et leur existence est recherchée par tous les enfants de la ville.

Agréez l'assurance de la haute considération de votre très humble serviteur,

Camille Dugas

Archives Départementales du Rhône, 10 M

Travail des enfants employés dans l’industrie

Réponses du Maire de Givors, le 14 mai 1867,

à un questionnaire d'enquête envoyé par le Préfet du Rhône

PREMIÈRE QUESTION : Comment la loi est-elle exécutée ?

Nous devons le reconnaître, l'exécution de la loi de 1841 laisse beaucoup à désirer dans les manufactures de Givors. Mais il faut ajouter que, par suite de la nature des industries, son exécution pleine et entière est à peu près impossible. Ainsi en ce qui concerne l'âge réglementaire, on ne trouve rien à reprocher. Il n'est pas d'enfant travaillant dans les usines qui ait moins de huit ans. Mais il n'en est pas de même pour la durée du travail, le repos du dimanche, le travail de nuit, l'instruction primaire. Dans les verreries, principaux établissements qui occupent des enfants, ceux de huit ans comme ceux de seize travaillent douze heures par jour pendant lesquelles il y a un repos équivalent à une heure et demie. D'un autre côté, le travail a lieu fêtes et dimanches les fours ne pouvant chômer sans un énorme préjudice pour le propriétaire. De plus, ce travail a lieu partie la nuit, partie le jour ; c'est-à-dire qu'il commence à minuit environ pour finir à midi. Il est bon d'ajouter que le travail de nuit est moins pénible que celui de jour et qu'il est recherché par les ouvriers afin d'échapper, surtout en été, à la chaleur du soleil combinée avec celle du foyer. Enfin du moment où un enfant travaille, il ne peut plus fréquenter les écoles, sauf les classes du soir.

DEUXIÈME QUESTION : Comment est organisé le service d’inspection ?

Je réponds en toute humilité qu'il n'existe ici aucun service d'inspection : que pour ma part je n'en ai organisé aucun parce que j'ai vu, à l'article 10 de la loi, ces mots : "Le Gouvernement établira des inspections pour surveiller et assurer l'exécution de la présente loi". J'en ai conclu que cette surveillance nous échappait et appartenait au gouvernement. J'ai patiemment attendu. Je dois donc déclarer que je n'ai jamais vu d'inspecteur à Givors et que, par conséquent, il n'y a eu ni visites, ni procès-verbaux, ni poursuites, ni condamnations.

TROISIÈME QUESTION : Quelles sont les difficultés que rencontre l'application de la loi ?

Nous les avons indiquées en principe dans la réponse à l'article premier. Le plus grand nombre des enfants qui travaillent sont occupés dans les fours de verreries. Ces établissements sont à feu continu, et ne peuvent chômer ni les dimanches, ni la nuit. Les enfants étant indispensables pour porter l'objet que fabrique l'ouvrier, il est nécessaire que l'enfant travaille aussi longtemps que l'ouvrier ; et celui-ci doit travailler jusqu'à ce qu'il ait épuisé la matière contenue dans le creuset. Ainsi un ouvrier souffle en moyenne dans les 12 heures, 750 à 800 bouteilles.

A mesure de fabrication, ces bouteilles doivent être portées dans un four latéral où elles cuisent pendant quarante-huit heures. L'ouvrier ne peut quitter l'orifice du fourneau et, alors, il est obligé d'avoir un enfant qui porte chaque bouteille fabriquée au four à cuire pendant que l'ouvrier fabrique la bouteille suivante.

Il est évident que des enfants de 8 à 12 ans, condamnés à un travail de 12 heures devant un four tellement ardent qu'il leur brûle la face, qui est constamment rouge et crevassée, ne peuvent que souffrir. Ainsi voit-on toute la population des verreries dépérir et aujourd'hui, cette profession ne fournit au recrutement que des hommes réformés.

Il y a dans ce travail une nécessité que l'on pourrait amoindrir de la manière suivante : obliger tous les maîtres de verreries à avoir pour chaque four deux brigades complètes d'enfants qui se partageraient la journée et, par conséquent, ne seraient occupés que six heures ; ce qui leur donnerait, outre le temps de repos, la facilité de fréquenter l'école. Mais il importerait que cette disposition fît l'objet d'une mesure générale appliquée à toutes les verreries, non seulement qui avoisinent le Rhône, mais encore à celles de Saône-et-Loire, Loire-Inférieure, Bouches-du-Rhône, Gironde qui occupent des enfants dans les mêmes conditions que nos industries, et qui seraient trop avantagées si elles pouvaient continuer à marcher sur l'ancien système pendant que les nôtres, par cette augmentation du personnel, verraient augmenter leur prix de revient.

QUATRIÈME QUESTION : Quelles améliorations serait-il possible d'introduire ?

Nous n'avons pas d'établissements ayant moins de 20 ouvriers qui occupent des enfants. Mais, en thèse générale, il nous semble que les enfants qui travaillent dans un petit atelier, souffrent autant que ceux qui sont dans un grand établissement si on abuse de leurs forces.

En ce qui concerne la durée du travail et le minimum de l'âge, nous ne voyons pas qu'il y ait motif à changer les prescriptions de la loi.

Archives municipales de Givors

Travail des enfants dans l’industrie

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